jeudi 26 mai 2011

La Colombie a enfin sa Loi de (réparation aux) Victimes


Gustavo Moncayo, père du policier colombien Pablo Emilio Moncayo, qui fut séquestré pendant environ douze ans par les FARC, mène une campagne de protestation en faveur des victimes de ces guérillas. Le 25 mai 2011, la Loi de (réparations aux) Victimes a été approuvée en Colombie. AFP.


Le gouvernement du Président colombien Juan Manuel Santos a finalement obtenu que le Sénat approuve la Loi de (réparation aux) Victimes.

La norme, qui entrera en vigueur pour une décennie et qui constitue une des propositions politiques de grande profondeur de l’actuel Mandataire, contourne les objections de son prédécesseur, Alvaro Uribe Velez (2002-2010).

Dans une première réaction, au travers de son compte Twitter, Santos souligna : « La Loi des Victimes sera un fait historique dans notre pays. Nous espérons faire voter la loi en présence du Secrétaire Général de l’O.N.U. Et il ajouta : « (c’est) une loi qui va vraiment changer sur beaucoup de plans l’histoire du pays ».

De cette manière, le dirigeant fit allusion au fait qu’il espérait promulguer la loi durant la visite de Ban Ki-moon à Bogota, les 11 et 12 juin 2011. Avant cela, une commission de conciliation harmonisera les versions de la loi approuvées par la Chambre des Représentants et le Sénat de Colombie, pour ainsi élaborer un texte final qui sera signé par le Président.

L’initiative, qui va à contre courant des positions de l’uribisme, inclue la reconnaissance du fait qu’en Colombie existe un conflit armé interne. Cette affaire était devenue la pierre de touche entre l’actuel gouvernant et l’ex Chef d’Etat, qui l’avait nié tout au long de ses deux mandats présidentiels et dans tout forum où il intervenait.

Par la pression de secteurs en relation avec Uribe, on a inclu dans le texte approuvé que l’admission de l’existence d’un conflit armé n’impliquera pas l’obtention du statut de belligérants aux guérillas et aux groupes de paramilitaires.

Quels sont les points les plus importants de la Loi ? En premier lieu, dans l’optique d’une réparation, les victimes de violences seront reconnues à partir du 1er janvier 1985. A cet effet, le Gouvernement colombien a fait ses comptes et considère qu’il faudra 44 billons de pesos (environ 24 000 millions d’USD) et couvrir les 4 millions de personnes concernées par la confrontation interne.

Pour les mois restant de 2011, il faudra 2,2 billons de pesos (près de 1 200 milliions d’USD) pour s’acquitter de ces obligations, fit remarqué, hier, le Ministre des Finances, Juan Carlos Echeverry.

En deuxième lieu, la loi traite aussi de la restitution des terres aux personnes qui en furent dépouillées par l’action des groupes armées illégaux. Cette année, selon ce qu’à dit le Ministre de l’Agriculture, Juan Camilo Restrepo, il est prévu de rendre au moins 500 000 hectares sur un total de plus de 2 millions d’hectares enlevés à leurs légitimes propriétaires à cause de la violence http://www.blogger.com/img/blank.gifinterne.

Le vote de la Loi de (réparation aux) Victimes en première instance fut salué, hier, par l’O.N.U.

« C’est l’aboutissement d’un effort initié par le Président Juan Manuel Santos pour réellement mettre les victimes au centre des préoccupations », a rédigé dans une note officielle le Bureau en Colombie de la Haute Déléguée des Nations Unies pour les DD.HH. Le communiqué porte la signature de Christian Salazar, son représentant à Bogota.

Dennis Rodriguez P., correspondant à Bogota.
EL COMERCIO